De l’interet de François Sagat et de la pornographie gay dans une vie ordinaire
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Ceci n'est pas un article de blog, mais plutôt un "commarticle ", traduisant par là une opinion tenant lieu de commentaire d'article, mais trop longue pour être postée en dessous de l'article visé.
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Une fois encore et comme il est de coutume lorsqu'un intérêt vif est porté à des pornstars, on assiste à des réactions où chacun exprime à sa manière l'incongruité qu'il voit dans cette situation.
Moi, ce que je ne comprends pas, ce sont ces commentaires interrogatifs ou limite méprisants, comme aujourd'hui avec l'article de Yagg listant le décès d'une pornstar dans le top 10 des articles les plus lus de l'année sur le site.
Le sexe, et précisément le fantasme sexuel, font partie intégrante de nos vies, y prenant une place conséquente. L'univers pornographique, ses scènes taillées au gré des préférences des visionneurs et ses garçons aux styles multiples sont des appels à l'évasion dans cet onirisme qui résonne en nous.
Chez les hétérosexuels, certaines pornstars sont aujourd'hui tombées dans le domaine grand public(Rocco Siffredi) lorsque d'autres sont des "icônes "de la culture pop(Clara Morgane) ou plutôt des témoins vivants du mélange des genres . Qu'y-a-t-il d'étonnant , rien qu'en se basant sur cet attrait, à ce qu'un article renvoyant au monde pornographique attise la curiosité des lecteurs ?
Ne devrait-on pas être encore moins étonné lorsque l'interviewé est François Sagat, qui est -qu'on l'aime ou pas - l'acteur français de porno gay le plus célèbre au monde en plus d’être celui qui draine le plus de réactions d'internautes en France ?
Surtout lorsque ce même Sagat aborde intelligemment - cassant au passage le préjugé de stupidité prêté aux pornstars -le thème du sexe lié à celui de la mort, double thématique qui bien avant cet article a fait écrire, réagir et produire des gens ?
Cet article a suscité la curiosité parce qu'il traite de sexualité(grosse composante de nos vies), il a nourri l’intérêt parce que le porno et son lot de morts ne sont que les traductions actuelles d'un thème dérangeant qui interpelle, et enfin parce que le contenu de l'article est plus que censé.
Sans supposer que certains n'aient pas lu l'article en question avant de s'exprimer, je trouve toujours dommage ces gens qui n'hésitent pas à cracher sur le X ou les pornstars. Le but de cette interview était de voir en quoi la condition professionnelle des hardeurs brisait leur condition humaine, et c'est cette question que Sagat aborde.
Moi je crois que le X et le pornstars, comme tout autre domaine ou métier, sont dignes d'un intérêt analytique, voire sociologique(bien que Sagat ne soit pas un sociologue). Ce n'est pas seulement une "pornstar" qui est décédée avec la mort d'Erik Rhodes. C'est un être humain, un "ouvrier" du porno, peut-être même un travailleur du sexe et un énième cas dans cette profession.
Je serai hypocrite de jouer au méprisant et de feindre un désintérêt face à cette nouvelle, vu comment mon ordi personnel est rempli de vidéos de cul et de liens X.
Le nombre de mouchoirs usagés et ma poubelle qui sent le sperme sont autant de signes de tout ce plaisir solitaire que me procurent les "talents" des pornstars".
Malheureusement, le mépris qui leur est publiquement affiché est bien souvent proportionnel à la fascination qu'entraine toutes les productions qu'ils mettent sur la toile( que mêmes leurs détracteurs ne se gênent pas de télécharger ou de regarder en streaming).
Je ne sais pas vraiment ce qui gêne ici. Est-ce l'impression que par notre intérêt du porno et de ses hardeurs nous paraissons vains et superficiels ? Serait-ce la conclusion hâtive (et erronée) que par notre enthousiasme nous "supportons" le traitement controversé réservé à ces acteurs par leur milieu socio-professionnel ?
Que les explications de ces réactions de dame anglaise soient celles avancées plus haut ou d'autres encore, je ne vois personnellement pas pourquoi mettre ce dédain sur la tête des acteurs. Ces garçons ne sont pas que des "mouchoirs" jetés après utilisation. Ce sont des êtres humains, qui méritent qu'on s’intéresse à eux.
Une anecdote intéressante dans ma vie est que mon "éducation sexuelle" s'est fait pour un tiers par les médias de vulgarisation scientifique, pour un autre tiers par l’expérience tâtonnante mes années de découverte, et pour le dernier par la pornographie.
Or, il se trouve que de François Sagat à Johnny Hazzard en passant par Colton Ford, certaines pornstars par leur attitude en vidéo ou par leurs propos en interview, m'ont permis de mieux cerner mes préférences sexuelles ou de mieux m'affirmer en tant qu'homme.
C'est le cas de Colton Ford dans son couple avec Blake Harper, qui a plus ou moins ancré mon amour naissant des trentenaires dans la continuité tout en me faisant voir la dimension "privée" que pouvait avoir le sexe, cette nécessité de confiance en l'autre et d'abandon pour jouir du corps de l'autre comme on jouit du sien.
Il suffit de voir la pureté et la vulnérabilité de son visages lors de ses orgasmes, selon qu'il est en scène avec son ex-mari ou des acteurs quelconques, tout comme son départ du X pour une carrière musicale, et le soutien de Blake Harper arrêtant le X pour son homme.
François Sagat le viril versatile à dominante passive m'a servi d'exemple dans les rapports que l'on entretien avec l'hétéro-normativité des rôles sexuels chez les homos. Pour aller vite, dans l'imaginaire collectif mais aussi chez nombre d'homos, l'actif est souvent fantasmé comme le plus grand, fort,viril et dominant du couple, tandis que le passif sera anticipé comme portant tous ces critères conceptuels de virilité, mais en intensité "moindre" que l'actif .
Comprenez par là qu'il est globalement perçu comme moins "mâle" parce que pénétré et que dans le système de classement en cases duales, pénétré va avec "féminin" et pénétrant va avec "masculin" pour la plupart des gens.
Voilà donc que Sagat, notre versatile plutôt passif se permettait non seulement d’être baraqué et hyper-masculin(du moins en vidéo) tout en ne cachant pas sa joie d'aimer la bite et le trouage du cul son gout pour la pénétration passive! Mais, mais, mais! Comment se fesse (lol), me disais-je ? Serait-il possible alors que moi, garçon passepartout pas spécialement viril, je puisse assumer ma préférence sexuelle active sans qu'on me rie au nez ?
C'est un peu grâce à lui, et à d'autres après lui que j'ai compris(une vidéo plus "parlante" que des mots de sexologue) qu'on n'avait pas besoin d’être un cliché du mâle alpha dans toute sa splendeur pour préférer faire l'amour plutôt que l'inverse. Sagat et les autres m'ont ici permis de résister à une certaine pression à l'image virtuelle que faisait peser sur moi les attentes d'une catégorie de gays.
Bref, tout ce prechi -precha digne d'une discussion au comptoir de la BBB pour dire qu'avant de juger les pornstars et leurs "fans", certains devraient réfléchir aux apports que le porn a /a eu dans leur propre vie. Même l’éphémère euphorie du plaisir solitaire peut donner le coup de pep's nécessaire pour bien démarrer une journée. Et rien que pour ça, il serait bon de respecter les pornstars.


























